Cher Journal,

on est toujours dans la pandémie. Plus j'y pense, plus je me dis que ce virus va devoir disparaître.

Ce matin, je déprimais un peu, parce que parfois ça fait ça quand t'es parent. Il arrive un moment où tu donnes, tu donnes, tu donnes et après il te reste plus rien. T'es juste lessivée. T'as oublié que t'étais une personne. Mais après je me suis teint les cheveux et j'ai acheté un fer plat et ça allait mieux. Là, tu vas me dire: mais quelle conne superficielle. Et à ça je vais te répondre: d'abord, ferme-la, je traverse une pandémie. Deuxièmement, non, tu vois, c'est exactement ça qu'il faut faire ces temps-ci pour survivre et reprendre de l'air. Des petits trucs pour soi. SANS les autres. Parce que si tu passes ta vie à toujours t'occuper des autres, ce qui, dans une période trouble où, woups, l'école est fermée parce qu'il y a un dangereux virus qui rode, un moment donné, t'étouffes.

Alors, pardonne-moi, mais rien de trop beau pour la princesse, je suis allée au Jean Coutu. Oui, Madame. Club Med Jean Coutu en personne. J'ai même acheté dans le rayon coiffure, un nouveau fer plat avec pas une, mes DEUX plaques de céramique (j'ai aucune idée de ce que ça veut dire). L'ancien était pété, juste à l'endroit où je mettais mon pouce pour le tenir, le bout qui empêche de se brûler était plus là, alors, oui, t'as tout compris: je me brûlais.

Demain, si je veux, je sais pas, je me paye du luxe, genre je vais patiner et après, ben... Je fais rien. Parce que, demain c'est dimanche et crise sanitaire oblige, tout est fermé. Mais si j'ai de la chance je pourrai peut-être faire la queue devant un dépanneur, qui sait! Des fois, à mon dépanneur, près de la caisse, il y a même des bananes! Et tu sais comme les bananes me font voyager.

Allez, à demain.